Novembre. Aujourd'hui, c'est un jour de plus en novembre et il fait froid. Dehors, le ciel est aussi gris et triste que mes pensées quand l'hiver commence à arriver. Novembre. Le début, la fin, je ne sais plus très bien. Se sentir perdue. Pleurer, puis rire, pleurer encore, sans rien contrôler, sans avoir la capacité de stopper le flot de larmes ou l'éclat de rire, ce trop plein d'émotions contraires qui débordent de toutes parts.
Aujourd'hui, il fait froid, l'hiver n'est pas encore là et pourtant on a sorti les pulls, les manteaux et les écharpes, on n'a même pas d'étoiles dans les yeux parce que Noël approche, il est encore loin... Il fait simplement froid, dehors et dans les c½urs.
Hier encore c'était l'été et on ne se rappelle plus très bien à quel moment il s'en est allé. Hier encore on avait des rêves, des projets, des plans qui avaient tout pour fonctionner, c'était comme ça que les choses devaient se passer. Hier encore on n'avait pas vingt ans, on se foutait de tout et on avait peur de rien. Absolument rien. Hier encore on se jurait des choses que l'on n'a pas respectées, on faisait des promesses dans le vent, on mentait. Ça n'est pas qu'on le voulait, bien sûr on y croyait aussi, mais on ne savait pas qu'on se mentait.
Et puis, un jour ça nous est tombé dessus comme ça, alors qu'on avait rien demandé, on nous a dit qu'on devait l'accepter. On n'est plus des gosses. Bon sang ce que ça fait mal. On a beau se gaver de dessins animés, de chocolat, de glaces et se raconter à longueur de journées des blagues qui ne font rire que nous, on le sait bien au fond, quelque chose s'est perdu. L'innocence.
Novembre. Et tous ces foutus souvenirs que l'on aurait voulu ne jamais construire. Tout ce qui a disparu, l'été qui fait place à l'automne et nous mène tout droit vers le grand froid de l'hiver. Et l'absence. Il fait froid en novembre. Mais nous, plutôt que de pleurer, on rit encore malgré le froid, la peur, le vide. On rit encore de voir qu'on est peut-être des adultes, mais qu'on ne grandira jamais vraiment.