[53] Vous trouvez ça puéril ? J'ai mes raisons. J'emmerde le monde parce que je le hais. Je le hais de ne pas être ce que je voudrais qu'il soit. Je suis un idéaliste, je chéris des valeurs obsolètes ; le courage, l'abnégation, la grandeur. (Lolita Pille)

 Vous trouvez ça puéril ? J'ai mes raisons. J'emmerde le monde parce que je le hais. Je le hais de ne pas être ce que je voudrais qu'il soit. Je suis un idéaliste, je chéris des valeurs obsolètes ; le courage, l'abnégation, la grandeur. (Lolita Pille)
Dans ma peau. Si tu étais dans ma peau tu saurais. Tu saurais combien j'ai mal, mal de vivre, mal d'aimer, mal d'un monde auquel je n'appartiens pas. Je suis née trop tôt, ou trop tard. J'ai grandi trop tôt, ou trop tard aussi.

Des fois je me demande pourquoi on lutte tous en vain contre la fatalité. Je me demande pourquoi on se bat pour quelque chose, mais quelque chose qu'on ne sait pas. On attend quelque chose, sans jamais vraiment savoir quoi, sans vraiment trouver la solution, la réponse à l'énigme de la vie.

Des fois je me dis que je suis certainement malade, pour avoir une vision tellement cynique et noire de la vie. Ou alors je me dis que c'est peut-être tout simplement la vie qui m'a rendue malade et cynique. Parce qu'elle m'a tant donné et elle m'a tant repris. Alors je n'arrive plus à lui faire confiance.

Si tu étais dans ma peau, tu verrais que je suis juste une rêveuse tombée de son arc-en-ciel, que j'ai perdu mes rêves parce que j'ai perdu le sommeil et que j'en crève, à petit feu...

Si tu étais dans ma peau, tu verrais combien mes yeux sont flous parfois, et combien personne ne s'en aperçoit. Tu verrais que des fois tu voudrais crier à l'aide, appeler quelqu'un, n'importe qui, crier pour que l'on vienne te secourir, mais au lieu de ça, tu sourirais en faisant croire que tout va pour le mieux et jamais les mots n'arriveraient à sortir. Parce que dans ma peau tu te dirais que tu n'as pas le droit de souffrir, parce que dans ma peau, normalement, il paraît qu'on doit se sentir bien, il paraît que je suis un modèle pour certains. Je ne les comprends pas. Parce que dans ma peau, moi j'y suis mal depuis tant d'années, hantée par tous ces fantômes du passé et toi, tu avais promis de m'aider à sourire, à rêver, à croire encore au bonheur.

Et aujourd'hui, il ne reste plus que moi, moi toute seule, moi et ma gueule de moi. Toi, tu n'es plus là et tu m'avais promis... Et dans ma peau, ça brûle à l'intérieur.
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# Posté le dimanche 01 novembre 2009 17:53

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 18:47

[52] "Aime-la, cette fille, petit con, aime-la car elle pourra peut-être enfin te faire aimer la vie. Peut-être que grâce à elle, tu réussiras à laisser ton nez tranquille, tu arrêteras de baiser des putes, peut-être même que pour lui faire croire que tu es bon à quelque chose, tu parviendras à te résoudre à travailler, peut-être que quand tu la présenteras à tes parents, ils te considéreront à nouveau comme leur fils." (Lolita Pille)

 "Aime-la, cette fille, petit con, aime-la car elle pourra peut-être enfin te faire aimer la vie. Peut-être que grâce à elle, tu réussiras à laisser ton nez tranquille, tu arrêteras de baiser des putes, peut-être même que pour lui faire croire que tu es bon à quelque chose, tu parviendras à te résoudre à travailler, peut-être que quand tu la présenteras à tes parents, ils te considéreront à nouveau comme leur fils." (Lolita Pille)
Tourner la page. Couper les ponts. Laisser le passé au passé.

J'en aurais mis du temps pour me l'ancrer dans la tête. Mais aujourd'hui, j'ai réalisé que ressasser le passé n'apportait jamais rien de bon, le passé fait mal et nous emplit de remords, d'ombres et de regrets. Et moi, tout ça, je n'en veux plus.

Je suis trop jeune pour me laisser envahir par la nostalgie et pour m'accrocher au passé comme si c'était tout ce qu'il me restait. Des souvenirs, j'ai encore tout le temps de m'en construire.

Alors tu vois, j'y ai mis le temps, mais maintenant j'ai compris. Compris que tu n'étais pas le centre de mon monde. Compris que j'avais vécu avant toi et survécu après toi. Alors si ce qui ne tue pas nous rend plus fort, aujourd'hui, je me sens la force d'un géant, parce que j'ai survécu au chaos que tu avais laissé dans ma vie.

Je tourne ta page. J'en ai encore bien d'autres à écrire, des pages dans lesquelles ton nom ne figure plus. Des pages dans lesquelles ton nom ne figure pas.

And all I can do is keep breathing.
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# Posté le jeudi 22 octobre 2009 12:45

Modifié le mardi 27 octobre 2009 06:47

[51] In a city of devils we live, I can feel the fire of the city lights burn, and it's hard to find angels in Hell... Flying alone and I feel like I don't belong and I can't tell right from the wrong, and why have I been here so long ? (Yellowcard)

Parce qu'ils ne comprennent pas... Ils ne comprennent pas qu'elle est traumatisée... Traumatisée des sentiments. Une histoire, aussi courte soit-elle, peut laisser bien plus de blessures et de cassures qu'il n'y paraît. Des secrets bien gardés peuvent ronger de l'intérieur.

Et ils n'y comprennent rien. Elle a mal... peur aussi. De s'ouvrir à nouveau à quelqu'un d'autre. De laisser à son c½ur la possibilité de se briser encore en petits éclats. De rêver à nouveau. Elle a même peur de dormir à présent, parce que les rêves du passé lui font peur, parce qu'elle a compris que rien ne se passait jamais vraiment comme on l'attendrait, comme on le voudrait. Parce que le réveil est encore plus douloureux et qu'elle aimerait parfois rester et continuer à rêver pour l'éternité. Elle meurt de trouille à l'idée d'être faible à nouveau. Pourquoi est-ce donc si difficile à comprendre pour eux ? Elle a seulement peur. Peur de laisser quiconque s'approcher d'elle, simplement s'approcher. De loin ou de près.

Alors oui, elle se bat pour en sortir et pour remonter, mais c'est une frêle brindille abîmée qu'il faut récupérer pour que l'arbre recommence à pousser. Seulement, il faut se rendre à l'évidence, l'arbre ne sera jamais aussi solide qu'auparavant, parce que les racines tenaces qui étaient les siennes, comme nos convictions, se sont disloquées au fil des années, au gré du vent et des tempêtes.

Mais ils ne comprennent pas. Car qui peut comprendre une âme égarée qui ne sait, elle-même, plus très bien sur quelle voie naviguer ?
 In a city of devils we live, I can feel the fire of the city lights burn, and it's hard to find angels in Hell... Flying alone and I feel like I don't belong and I can't tell right from the wrong, and why have I been here so long ? (Yellowcard)

# Posté le lundi 19 octobre 2009 20:04

Modifié le jeudi 22 octobre 2009 12:38

[50] It's obvious now that you're scared of yourself and there's nothing to keep them from knowing this now. Promises, shattered pieces, memories of nothing. Cowardly you'll face this all alone. ( Mest )

Ça aurait pu arriver n'importe quand, n'importe où. Il fallait bien que ça arrive un jour. C'est arrivé aujourd'hui.

Aujourd'hui, je l'ai croisé. Je lui ai souri, il m'a souri. Nous avons échangé quelques banalités avant de disparaitre à nouveau parmi la masse anonyme des gens, et puis voilà tout. Plus rien, rien que du vide.
C'est comme ça que se résume notre histoire. Plus rien.

Quatre ans plus tard, je revois la première fois que nos regards se sont croisés, cette façon qu'il avait de me sourire, ce sourire qui me jurait l'éternité dans les yeux d'un gamin. Je revois ce premier baiser échangé, celui qu'on n'osait faire. Celui que l'on a échangé timidement, un peu comme un secret. Je me souviens de nos premières conversations, je me souviens du lieu, je me souviens de l'étreinte de ses bras et de la séparation. Je me souviens des retrouvailles, de notre combat, des promesses que l'on savait pertinemment que l'on ne tiendrait pas. Parce qu'on est trop jeunes pour comprendre, pour ne pas se détruire. Parce que ce monde nous apprend à ne plus savoir y croire. Et puis je me souviens de la fin, encore une fois. Je me souviens tellement fort aujourd'hui.

Trois banalités échangées. Est-ce donc tout ce qu'il en reste ? Sauf si on a menti. Mentir pour faire comme si tout cela n'avait jamais compté, c'est rendre les choses plus faciles au fond. J'ai senti la plaie se rouvrir, mais je n'ai pas eu mal, juste un pincement au c½ur et un sentiment incommensurable de gâchis.

Aujourd'hui, comme une page trop pleine que l'on a oublié de tourner, je me souviens que j'ai oublié de ne plus me souvenir.

 It's obvious now that you're scared of yourself and there's nothing to keep them from knowing this now. Promises, shattered pieces, memories of nothing. Cowardly you'll face this all alone. ( Mest )
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# Posté le mardi 06 octobre 2009 06:30

[49] Et, le soir venu, dans les gouffres de la plus vilaine des solitudes, celle qui accompagne la désillusion, comme elle nous nous coucherons, pensant au bonheur que nous attendions, mais qui ne viendra pas - tout comme le sommeil. (Florian Zeller)

 Et, le soir venu, dans les gouffres de la plus vilaine des solitudes, celle qui accompagne la désillusion, comme elle nous nous coucherons, pensant au bonheur que nous attendions, mais qui ne viendra pas - tout comme le sommeil. (Florian Zeller)
*
La nuit, tout est différent. La nuit, on peut être qui l'on veut.
La nuit, nos repères s'effacent...

Et quand vient le petit matin, l'insomnie nous semble tout à coup plus douloureuse, parce que le soleil nous rappelle à la vie, au monde à l'extérieur qui s'anime peu à peu. Les bruits de la rue deviennent plus pesants, et l'on réalise que l'on a trouvé refuge dans la nuit comme une échappatoire à tout ça, à cette masse qui grouille, qui s'anime au petit matin pour s'éteindre le soir venu, sans vraiment savoir pourquoi, sans jamais vraiment trouver de sens à toute cette mascarade.

On se sent alors tellement différent de toute cette populace qui nous entoure. Le monde, ce monde, notre monde humain nous semble étranger. On a ce regard absent, celui qui semble vide à quiconque ne prendra pas la peine de voir plus loin.
Pourtant, ce regard n'est pas vide, il est juste ailleurs, comme notre esprit tout entier. Ils appartiennent à un autre monde, celui des rêves perdus, des désillusions et du royaume de notre enfance dans lequel on aime se réfugier, bien qu'on sache qu'il n'existera jamais plus ailleurs que dans nos souvenirs.

Alors, quand vient le petit matin, pour rester encore un peu dans ce monde à soi, on s'emmitoufle bien au fond de son lit douillet, pour oublier le monde qui recommence à s'allumer, en espérant trouver enfin ce sommeil oublié.
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# Posté le jeudi 01 octobre 2009 16:11

Modifié le jeudi 01 octobre 2009 16:36