Des fois je me demande pourquoi on lutte tous en vain contre la fatalité. Je me demande pourquoi on se bat pour quelque chose, mais quelque chose qu'on ne sait pas. On attend quelque chose, sans jamais vraiment savoir quoi, sans vraiment trouver la solution, la réponse à l'énigme de la vie.
Des fois je me dis que je suis certainement malade, pour avoir une vision tellement cynique et noire de la vie. Ou alors je me dis que c'est peut-être tout simplement la vie qui m'a rendue malade et cynique. Parce qu'elle m'a tant donné et elle m'a tant repris. Alors je n'arrive plus à lui faire confiance.
Si tu étais dans ma peau, tu verrais que je suis juste une rêveuse tombée de son arc-en-ciel, que j'ai perdu mes rêves parce que j'ai perdu le sommeil et que j'en crève, à petit feu...
Si tu étais dans ma peau, tu verrais combien mes yeux sont flous parfois, et combien personne ne s'en aperçoit. Tu verrais que des fois tu voudrais crier à l'aide, appeler quelqu'un, n'importe qui, crier pour que l'on vienne te secourir, mais au lieu de ça, tu sourirais en faisant croire que tout va pour le mieux et jamais les mots n'arriveraient à sortir. Parce que dans ma peau tu te dirais que tu n'as pas le droit de souffrir, parce que dans ma peau, normalement, il paraît qu'on doit se sentir bien, il paraît que je suis un modèle pour certains. Je ne les comprends pas. Parce que dans ma peau, moi j'y suis mal depuis tant d'années, hantée par tous ces fantômes du passé et toi, tu avais promis de m'aider à sourire, à rêver, à croire encore au bonheur.
Et aujourd'hui, il ne reste plus que moi, moi toute seule, moi et ma gueule de moi. Toi, tu n'es plus là et tu m'avais promis... Et dans ma peau, ça brûle à l'intérieur.

